POESIES D’EXIL

27 mai 2010

ETABLE

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                       ETABLE

SARTENE

Collines accrochées aux pieds de vigne et aux

fruitiers sauvages

où l’écume de la mer monte jusque dans le nez

des arbres

où la naïveté espiègle des pierres déshabille les

chemins

où les lunes d’automne s’accrochent comme

des notes sur les fils à linge

où la pluie se casse les dents sur les crêtes

où le vent cherche toujours son nom

où le ciel est tellement nombreux que les toits

voyagent

SARTENE

là seulement

où mes yeux peuvent coudre des nuages sur

les engrêlures de l’horizon.

                                                              Mai 2001

27 mai 2010

Piste

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                   PISTE

                             »Qui donc pourrait me voir

                              Moi la flamme étrangère

                              L’anémone du soir

                              Fleurit sous mes fougères … »

                                   Sirène-anémone

                                                Robert Desnos 1929

La solitude escarpée de la mer souffle dans

la montagne.

Je te cherche partout.

Sur les crêtes du silence dans les affûts de l’herbe.

J’ai ton visage ensablé dans la gorge.

Le vent ratisse l’herbe triste des sommets.

Dans cette floraison accidentée dans les épineux nus

des buissons.

Je te cherche partout.

J’ai ton visage encerclé dans les yeux.

L’horizon fait une balèvre sur le ciel.

Je te cherche partout.

Sur les pics bourgeonnant de crépuscule dans

les pierres brûlées de soleil gris.

J’ai ton visage poignardé dans les reins.

La lune assise surveille les pâturages des étoiles.

Sur les lèvres des torrents à l’élégance sombre dans

l’eau nue de la nuit.

Je te cherche partout.

J’ai ton visage dispersé dans les mains.

                                Décembre 1995

26 mai 2010

CHAIR

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CHAIR

 

                 « Même sous l’écorce des bouleaux la vie se perd

                          en hypothèses sanglantes où les pics picorent des astres

                          et les renards éternuent des échos insulaires »

                                                         Tristan Tzara

                                     L’Homme Approximatif (livre 6)

 Ce monde en contrehaut un petit pain

 de cendres parmi toute cette graine de neige

et le vent qui bruit dans les gonds des murs

lorsque le désert rapproche le lointain des

lumières.

Ce silence abîmé qui répare les lèvres ces ports

qui comblent les caries des bateaux avec des

touffes de mer.

Cette bougie de pierre qui court à perdre souffle

pour éclairer les écarts de la pluie.

Ce maquis noué dans ma gorge en autant de

torons qu’aucun sel à l’épissoir agile ne défera.

C’est mon île sous l’horizon des yeux où les

soirs emblavent les ombres. 

                                                                              Septembre 2007

23 mai 2010

Le banc couché

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Le banc couché

                        » Rien ne naîtrait de rien « 

                                        Alcée, Livre IX.

Depuis la chambre m’est revenu le désir

cassé de grimper un arbre.

Mais ici la route de l’écume est étroite et

le ruban cousu sur le ventre du hublot

s’est déchiré.

Autrefois il suffisait de trousser la nuit

dans l’herbe pour naître le plaisir,

maintenant l’air est chauve.

J’arrivais alors à entendre le rut long

d’une citerne, et les reflets des rêves violents

d’une femme dévalaient en moi comme un jardin.

Qu’ai-je fait à ma langue ? L’ardeur de ma main

est poreuse.

Regarde ! mon chagrin, cette fougue en pantoufle

qui marche en moi. Regarde !

                                                           1997

23 mai 2010

Arythmie caïque

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Arythmie caïque

                        « …Il fallait que tout argument disparaisse

                          du centre des funérailles »

                                               Maximos Osyros

Des voix secrètes dans les arbres courts des sentiers

haletants.Les portes de la mer se referment là-bas au loin.

Je n’en ai gardé que le bruit.

Le vent alenti sur les marbres de la nuit dans la vieille élégance

des étoiles.Les portes de l’été se referment là-bas au loin.

Je n’en ai gardé que le bruit.

La pluie clandestine sur les bancs mouillés de l’aube la stridence

tue des épiaires.Les portes du silence se referment là-bas

au loin.Je n’en ai gardé que le bruit.

Le Théâtre des Dieux   aux plâtres décrépits les odeurs bouffies

des choreutes aux visages crevassés le chant des morts aux

absences rapiécées.Les portes du mot se referment là-bas

au loin.Je n’en ai gardé que le bruit.

                                   Février 2010

16 mai 2010

Contre-jour

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               CONTRE-JOUR

                                               à Théodore Storm

Un chemin sec et détendu se déroute dans la montagne, il passe

 dans les vieux potagers où le froid a cristallisé de jeunes altises.

Plus il grimpe et devient noueux et froid.

Chaque pierre donne au pas son exclusion, au pied son fantôme;

la vigilance de l’exil. Le guide de l’octroi.

Dans les matorrals, une frontière d’un exotisme idiot?__ pathique?__

que les excrétions des nuages dessinent.

D’un surplomb de brume scarieuse la légende étarque

le vent.

En bas où la vie chasse son miracle chagrin la pluie lave le ciel

de ses peaux mortes et les âmes rédemptées broutent l’herbe

en mâchant leur scapulaire.

A hauteur d’épaule l’horizon est empierré de couleurs, tout-un-près

frôlé par un Absalon chauve. Le clocher d’une vieille église

s’est maçonné en fumoir pour pipes sacrales; aux fondations

dans son entrebase un Gröm crucifié.

                                                    Novembre 2009   

13 mai 2010

CERTES

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                   Certes

                                         Autoportrait d’un poème

Certes des cathédrales de sons

Des mouflons encornant les cîmes

Des échos hauts comme des prières parmi les ämes

endettées

Chaque pas est une citadelle à l’affût

Chaque respiration une solitude sentinelle

Des épaves de silence et d’eau sous des arbres

de pierres

Certes la vague rouillée par les grappins du hasard

Certes trop de mots pour un seul.

11 mai 2010

Prodigue

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                 Prodigue

 Dans la solitude murale de ma désinvolture où les morts

tour à tour engrossent l’attente,je fais un rêve qui m’imagine.

Le soleil à la tempe blanchie m’a fait revenir.

Et dans la vieillesse silencieuse de la maison sous le lierre

vigilant,chaque pierre graisse sa lézarde turpide.

Je fais un rêve qui m’imagine.                 

                                      

10 mai 2010

Loin

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                 Loin

                            « A voix plus basse pour les morts, à voix plus basse dans le jour.

                              Tant de douceur au coeur de l’homme se peut-il qu »elle

                              faille à trouver sa mesure » Anabase VII ST John PERSE

Dans un coin du jardin où la mer devient carrossable,ils chargent les braises

du dernier foyer de la nuit dernière.

Ils avaient laissé  les rivages plus lourds près de la mare.

-Immédiateté pantelante,chiques fébriles-

Ils passèrent le cap du Grand Cimetière par vent de travers.

Récifs rouillés,remous boueux.Anse des Rêves Eunuques,Passe des Jardinières

Fardées,Défilé des Debouts Tristes,Fossedes Souvenirs,Rochers

des Encens.

Puis la haute mer et sous l’horizon l’Ile de la Nef.

                                                            1984

9 mai 2010

Saisons

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                   Saisons

                  [ Piétaille mécréante des dernières guerres civiles de la mémoire! Je me suis égaré dans les entrailles barbouillées de vos batailles.]

A ce moment contourné du crépuscule,les vieilles

maisons assises sur des chaises se racontent les ruines et les jours.

Toutes ces vignes et ces arbres au milieu des rosées

 tant qu’il fallait courir à la criée.

Toutes ces pluies qu’il fallait bêcher pour dresser 

des digues de vent.

Tous ces sillons dans les collines aux jambes lourdes

qui poursuivaient la mer.

Tous ces moutons bâtisseurs de transhumances qui tissaient

et filaient le vent des montagnes.

Tous ces cochons nourriciers de contes qui barricadaient

les épilogues des années.

Puis toutes ces histoires d’hommes autour des cheminées

enfouies dans la terre qui continue de jardiner avec leurs

morts.                         

                        

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